À propos

 Projet du Colloque international « Démocratie, éducation et science : où va le Brésil ? » 

Université de Montréal, novembre 2019 

Orientations générales pour le Colloque 

Le Colloque programmé les 14, 15 et 16 novembre 2019 s’inscrit dans la perspective de promouvoir et développer la recherche multidisciplinaire et intersectorielle en lien avec les changements sociaux et politiques dramatiques que se passent au Brésil et son impact sur la société dans les prochaines années. 

Dans ce document, nous esquissons tout d’abord le cadre dans lequel s’inscrit le projet de constitution de ce Colloque; ensuite, nous présentons brièvement dans les trois points suivants, les objectifs, les modalités concrètes d’organisation du Colloque, et finalement, l’estimation des coûts. 

1. « Démocratie, éducation et science : où va le Brésil ? ». Quelques motifs et défis. 

Après huit mois au pouvoir, les perspectives apportées par le président élu le 29 octobre 2018 au Brésil, sont très préoccupantes. L’autoritarisme comme modèle de gouvernance est la principale caractéristique du Gouvernement de Jair Bolsonaro. Les faits saillants de sa politique sont la fermeture du dialogue entre la société civile et le gouvernement, la militarisation et une politique néolibérale extrêmement agressive. Le renforcement du tournant idéologique conservateur et sécuritaire fait en sorte que le gouvernement brésilien actuel soutient des politiques qui menacent la pratique scientifique et académique. 

Le gouvernement Bolsonaro a mené une attaque brutale contre l’éducation publique et gratuite, en particulier dans l’enseignement supérieur. Actuellement, il intervient directement dans le choix des recteurs des Universités; son ministre de l’éducation fait l’éloge des avantages de l’enseignement à distance, y compris pour l’école primaire (les cinq premières années !) et suggère d’adopter le modèle des « bons » dans le pays pour que la population ait accès aux écoles privées. Dans un tel contexte, le projet de budget pour 2020, préparé par le gouvernement de Jair Bolsonaro, réduit de 18% les ressources totales du MEC (ministère de l’Éducation du Brésil) par rapport aux valeurs autorisées en 2019. Les réductions vont de l’éducation de base à l’obtention d’un diplôme, mais l’impact sera beaucoup plus important dans le financement de la recherche et dans les comptes des grandes universités fédérales. 

Cette politique s’accompagne d’un sombre pronostic qui hante la communauté scientifique depuis quelques années : l’effondrement des bailleurs de fonds fédéraux pour la recherche – notamment le Conseil national pour le développement scientifique et technologique (CNPq). Il faut mentionner que le ministère de l’Environnement suspendait tous les accords et partenariats en place avec les ONG, ainsi qu’avec des instituts de recherche et un nouveau crime environnemental vient de surprendre le monde : l’élimination intentionnelle encore plus rapide des réserves forestières en Amazonie et de leur biodiversité. 

Une telle conjoncture est un exemple frappant d’un retournement des tendances dites progressistes en Amérique latine, dans le sens d’un développement de l’autoritarisme d’État. Le gouvernement brésilien 

actuel soutient des idées qui menacent la pratique scientifique et académique. Dans cette perspective, et la jeune démocratie brésilienne et le développement scientifique sont en danger. 

Néanmoins, au Brésil, et partout au monde, nous assistons et participons à des efforts dont la tâche principale consiste à organiser la résistance face à la croisade idéologique du président brésilien contre l’éducation, notamment par rapport les Universités publiques. La réalisation de ce Colloque multidisciplinaire et intersectorielle à Montréal, animé par des acteurs membres de la communauté UdeM ainsi que des participants du Coletivo Brasil-Montréal1 et de l’organisation non-gouvernementale Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL), s’associe à un front uni antifasciste pour la défense des droits démocratiques et sociaux, avec le but d’articuler et d’unifier les initiatives sectorielles, régionales et internationales contre les attaques de l’actuel gouvernement envers les libertés démocratiques et les droits sociaux de la population brésilienne, notamment la plus pauvre. 

2. Objectifs du Colloque 

Ce Colloque international cherche à décrypter la crise politique et sociale qui sévit au Brésil aujourd’hui, à la lumière de l’interface démocratie et science en essayant de dépasser les analyses conjoncturelles qui sont les plus fréquentes dans la presse traditionnelle. Plus précisément, le Colloque « Démocratie, éducation et science : où va le Brésil ? » se fixe l’objectif de penser et de discuter la conjoncture politique en croisant des approches multidisciplinaire et intersectorielle (sociopolitiques, sociohistoriques et de médias alternatifs) sur l’évolution, situation et perspective de la démocratie et la science au Brésil. À cet égard, il s’agira de proposer des réponses aux questions suivantes : la situation brésilienne est-elle singulière ? Peut-elle conduire à une aggravation des tendances à l’oeuvre ? Quelle place pour le journalisme d’investigation dans un contexte de populisme politique et la propagation de fausses nouvelles ? Science, démocratie et inclusion : quelles perspectives pour le contexte brésilien ? 

Le Colloque ne répondra pas à toutes ces questions. Il a pour but toutefois de traiter de ces enjeux en lien avec les défis posés aux universités publiques dans un contexte de crise politique en mettant en rapport des expériences réelles exprimées par des invités qui participent du mouvement de résistance au Brésil. C’est dans cette optique que les quatre invités suivants ont été retenus. Ils sont chacun porteur d’une praxis sociopolitique engagée dans différents secteurs : Luis Nassif (journaliste investigateur, écrivain et éditeur du Journal GGN); Eugênia Augusta Gonzaga (Procureure du MFP – ministère public fédéral au Brésil); Cristiane Pankararu, (représentante du mouvement l’Association des peuples autochtones du Brésil – APIB et doctorante en Anthropologie au Museu Nacional/UFRJ – Universidade Federal do Rio de Janeiro) et, Françoise Montambeault, Professeure agrégée à l’Université de Montréal. 

Ils sont invités à réfléchir avec les participants sur la conjoncture politique brésilienne actuelle afin de rendre visibles et discutables leurs différentes perspectives théoriques et politiques. Le Colloque prend donc la forme d’une activité de recherche, c’est-à-dire d’un espace-temps où l’on débat de questions vives de doublement enracinées : sur le plan théorique et sur le plan empirique. 

3. Modalités concrètes d’organisation du Colloque 

Le public visé est constitué de professeurs, chercheurs, d’étudiants et de toute autre personne interpellée par la conjoncture politique brésilienne. Les séances du Colloque auront lieu à l’Université de Montréal. Ce Colloque est ouvert à maximum 100 personnes (cela peut changer selon la capacité des locaux) afin de privilégier la philosophie d’une activité de recherche dynamique et participative. Les activités visent à ouvrir des discussions plurielles. Il est conçu dans la logique d’un séminaire résidentiel. Nous souhaitons éviter un séminaire cafétéria avec des participants qui viendraient uniquement assister à l’une ou l’autre activité. Nous prévoyons un système d’inscription en ligne.